Pour constituer une union économique et monétaire, il a fallu passer par plusieurs étapes et sur plusieurs années. Mais quand un divorce avec l’un des pays membres est prononcé, à l’instar du BREXIT, que se passe-t-il concrètement ? Comment vit-on cette séparation ?

L’Union européenne et le BREXIT

Pour arriver à une Union économique et monétaire qu’est l’Union européenne, il a fallu passer par plusieurs étapes. D’abord, il a fallu passer par une zone dite de libre-échange : abattre les tarifications douanières entre les pays membres. Ensuite, il a fallu constituer une union douanière : les pays membres doivent s’aligner sur un même droit de douane pour les autres pays non membres (tarification extérieure commune). Ce qui fait que pour les pays non membres, exporter dans les pays membres revient au même. Après, il a fallu constituer un marché commun caractérisé par une libre circulation des marchandises et des personnes à l’intérieur des pays membres. Et la dernière étape est l’union économique avec l’harmonisation des économies des pays membres (déficits budgétaires, inflation, monnaie…) avant d’entrer dans l’union monétaire. Pour arriver à la formation de l’Union européenne, il a fallu à peu près douze ans (de 10 990 à 2002).

Le BREXIT qui est la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne est donc le divorce du premier avec ce dernier. Beaucoup d’économistes et d’experts en Finance se sont questionnés sur les impacts économiques que cela implique. Julien Vautel, lui se questionne particulièrement sur l’impact économique du BREXIT sur les firmes françaises et le Monde de la finance en général.

 Qu’est-ce que le BREXIT implique ?

Par principe, le BREXIT implique donc le retour en arrière, c’est-à-dire, le retour pour la Grande-Bretagne à une économie propre et à la prise de décision non collégiale avec l’Union européenne. Pour ce qui est de la monnaie, un retour vers le livre sterling, comme avant 2002 se fera alors. Les décisions d’ordre économique comme les droits de douane se feront unilatéralement par le pouvoir exécutif du Royaume-Uni. Pour les personnes expatriées : français, allemands, leurs statuts devront changer, selon la situation de chacun.

La Grande-Bretagne devra aussi revoir sa législation. Le cas des expatriés, des entreprises délocalisées, des mariages entre ressortissants du Royaume-Uni et ceux de la Zone Euro.

Et bien évidemment, côté économie, la Grande-Bretagne pourra changer tous ses tarifs douaniers vis-à-vis des autres pays membres de la Zone Euro.

  L’impact économique du BREXIT pour la France

Pour la France en particulier, union économique ou pas, elle a toujours eu des relations étroites avec le Royaume-Uni. Proximité et histoire obligent. Mais en chiffres, voici concrètement ce que la France et la Grande-Bretagne ont en commun. Pour ce qui est des exportations françaises, la balance est excédentaire. Si la France n’importe que peu de produits (en valeur) de la Grande-Bretagne. Elle exporte environ 31 milliards vers le Royaume-Uni. Cette balance risque donc ou bien d’être peu bénéficiaire, voire déficitaire pour le futur. Ensuite, il y a 3 300 entreprises françaises implantées outre-Manche (contre 2 300 pour les entreprises britanniques sur le sol français). Dans le secteur touristique, la France comptabilise 12 millions de touristes anglais chaque année. Pour ce qui est de la finance en particulier, il y a 165 milliards d’euros d’investissement entre les deux pays.

Pour les impacts économiques en particulier donc, la France a beaucoup à perdre du fait de « couper les ponts » avec la Grande-Bretagne.

  Les conséquences pour les firmes françaises

Pour les firmes françaises, les impacts possibles sont non négligeables. En effet, comme la Grande-Bretagne va sortir de la Zone Euro, si l’on veut y exporter, il y aura la mise en place d’un droit de Douane. BREXIT implique donc un cout supplémentaire, ou la perte d’une part de marché dans la Grande-Bretagne.

Après, comme le BREXIT implique le retour à l’utilisation de la livre sterling, et du fait qu’après le referendum, beaucoup ont spéculé sur le devenir de cette monnaie. Ce qui a causé sa dépréciation, et ainsi des termes de l’échange, comparé à l’Euro. Les membres du Royaume-Uni se désintéresseront probablement des produits venant de la zone euro (et de la France) du fait que la Parité du pouvoir d’achat aura changé : il faudrait pour eux dépenser plus pour pouvoir continuer à consommer des produits venant de la zone euro.

Le BREXIT suppose aussi le retour à la non libre circulation des biens et des personnes. En effet, si auparavant, les personnes avaient le droit de circuler librement, il était facile d’aller s’installer outre-Manche pour une opportunité de carrière. Les Firmes françaises auront donc plus de difficultés à percer le marché britannique, du fait du retour à l’existence d’un droit de douane entre la France et le Royaume-Uni. Ensuite, du fait que les monnaies utilisées par les deux pays seront aussi différentes, les exportations vers la Grande-Bretagne se feront au rythme de la fluctuation monétaire. Après, pour ce qui est des opportunités de travail, il ne sera plus aussi aisé de débaucher les ressortissants de la Grande-Bretagne pour travailler dans les firmes françaises.